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Séminaire Octogone-Lordat : Nadège Auguenois et Vera Serrau (doctorantes, Octogone-Lordat)

Publié le 2 mars 2021 Mis à jour le 9 mars 2021
le 19 mars 2021
14h
Séminaire en visio, inscrivez-vous ici










Du lien entre langage, compétences émotionnelles et cognition : étude chez l’enfant de 4 à 8 ans (Nadège Auguenois, doctorante, Octogone-Lordat)

Ce projet de thèse s'inscrit dans le cadre d'une reprise d'études. Il est né d’une formation initiale en psychologie du développement, des observations qui ont pu être conduites lors de ma pratique professionnelle de psychologue / psychothérapeute et d'une réflexion nourrie depuis quelques années à travers diverses lectures. Recevant à mon cabinet une majorité d'enfants ayant entre 3 et 11 ans, j'ai été amenée à interroger la place du lexique dans la gestion des émotions, le langage étant un des supports essentiels à l’exercice de notre réflexion.
La littérature scientifique s’intéresse depuis quelques années à la relation entre émotions et  cognition. La plupart des études tentent de vérifier l’effet d’une émotion (induite) sur un processus cognitif.  D’autre part, de nombreuses études font état des liens entre le langage et les compétences émotionnelles.
Dans ce travail de recherche nous souhaitons étudier les liens possibles entre lexique, émotion et cognition ; plus large serait l'étendue du champ lexical des enfants, meilleures seraient leurs compétences émotionnelles et mieux les apprentissages pourraient être investis ?
Pour présenter cette recherche, nous ferons un état des différents thèmes explorés, nous expliquerons le choix de la population, nous présenterons le protocole sur lequel nous travaillons. Enfin, nous partagerons les questions qui se posent à ce jour.

Impact de la profondeur orthographique de la L1 sur les modalités d’accès en mémoire à l’orthographe grammaticale en L2 : Le cas du traitement de la morphologie verbale flexionnelle en FLE (Vera Serrau, doctorante, Octogone-Lordat)

Selon l’hypothèse de la profondeur orthographique (Katz & Frost, 1992), le degré de profondeur orthographique d’une langue (écart entre orthographe et prononciation) pourrait solliciter des modalités différentes d’accès au lexique orthographique en mémoire. Dans ce sens, les locuteurs d’une langue opaque comme le français ou l’anglais devraient traiter les mots majoritairement dans leur structure visuo-orthographique (processus lexicaux : accès direct aux mots), alors que les locuteurs d’une langue transparente comme l’italien ou l’allemand privilégieraient le traitement des formes phonologiques-morphologiques (processus sub-lexicaux : assemblage entre les graphèmes et les phonèmes). Au cours des dernières années, plusieurs études portant sur l’impact de l’orthographe sur la production orale en L2 (interface oral/écrit) ont montré qu’un écart de profondeur orthographique entre deux langues (L1 et L2) affecte négativement la production orale en L2 et que les locuteurs d’une L1 transparente prononcent souvent les graphèmes silencieux dans une L2 opaque (Bassetti & Atkinson, 2015 ; Solier, 2019). Or, l’impact de la profondeur orthographique de la L1 sur la production écrite en L2 et, plus particulièrement, sur les modalités d’accès en mémoire à la morphologie flexionnelle semble être un sujet encore inexploré.
Dans ce projet de thèse, nous nous questionnons sur l’éventuel impact de la profondeur orthographique de la L1 sur les processus d’accès à la morphologie grammaticale en L2. Plus précisément, nous nous intéressons aux modalités de traitement de morphèmes verbaux homophones (ex: arrive/arrivent) vs. hétérophones (ex : prend/prennent) en français langue étrangère (FLE). A cet égard, nous avons avancé l’hypothèse que les apprenants de FLE de L1 transparente montrent des performances orthographiques en français meilleures par rapport aux apprenants de FLE de L1 opaque, tout particulièrement en cas de traitement de l’homophonie verbale. En effet, la prédilection des apprenants de L1 transparente pour la forme orthographique des mots, attribuable à la réplication en L2 du processus d’assemblage privilégié dans leur L1, serait généralement susceptible de produire un transfert positif sur le traitement orthographique de la morphologie verbale en L2. Elle devrait également réduire l’incidence de l’audibilité de l’accord verbal (arrive/arrivent vs. prend/prennent) sur la qualité de la performance orthographique pour cette catégorie d’apprenants. Afin de tester notre hypothèse, nous visons à comparer les performances de traitement de la morphologie de temps/mode (arriver/arrivais/arrivé vs. partir/partais/parti) et d’accord en nombre (arrive/arrivent vs. part/partent) en FLE, au sein de différentes populations de locuteurs de L1 se distinguant par la profondeur orthographique de leur L1 (hispanophones/italophones vs. anglophones et germanophones vs. anglophones).
Nous visons à soumettre nos participants à la réalisation de trois types de tâche se distinguant par la présence vs. absence de l’input oral ou écrit dans les stimuli : le rappel orthographique de phrases dictées aux participants (input oral) ; le rappel orthographique de phrases lues par les participants (input écrit) et la production écrite libre (pas d’input externe). Quant aux analyses des données, nous nous intéressons à la réussite du traitement de la morphologie verbale et aux tendances de distribution des erreurs en fonction de la profondeur orthographique de la L1 de nos participants.